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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

20 Apr

De la laïcité positive à la laïcité révocable : la méthode Parédé Analyse de l’évolution constitutionnelle chez Stéphane Parédé - Avril 2026 -

De la laïcité positive à la laïcité révocable : la méthode Parédé

Analyse de l’évolution constitutionnelle chez Stéphane Parédé - Avril 2026 -

 

Quand un théoricien applique ses principes à sa propre théorie, il arrive ceci : il s’efface. C’est le mouvement qu’opère Stéphane Parédé entre la première ébauche de sa Constitution de la République Arabe Unitaire et la Déclaration d’Alexandrie publiée en avril 2026.

 

1. Premier temps : le théoricien tranche 

L’ébauche initiale pose, article 2 : « L'islam est la religion de l'État, mais la liberté de culte est garantie à tous. » Nous sommes dans une laïcité dite "positive". Parédé reconnaît le fait culturel et religieux majoritaire, l’inscrit dans l’architecture de l’État, tout en protégeant les minorités. Posture classique de l’auteur qui propose un modèle, qui tranche. Il fait œuvre de doctrine.

 

2. Second temps : le théoricien s’efface

La Déclaration d’Alexandrie renverse la table. Article 7 : « La République est laïque. Aucune religion, aucune idéologie ne peut fonder le droit ni les institutions. L’État ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. » La mention de l’islam comme religion d’État disparaît. L’État devient neutre, muet, et se l’interdit à lui-même.

 

3. La clé : la cohérence procédurale

Parédé n’a pas nécessairement changé d’avis sur l’islam. Il a radicalisé sa méthode. L’article 1 pose : « La souveraineté appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants, par référendum et par tirage au sort. » Dès lors, le théoricien ne peut pas verrouiller une question aussi fondamentale que le rapport à la religion. 

 

Sa réponse : écrire la version la plus neutre possible, et donner simultanément au peuple les clés pour la modifier. Article 18 : Référendum d’initiative citoyenne à 3% du corps électoral pour réviser la Constitution. Article 22 : Toute révision est adoptée par référendum obligatoire.

 

4. L’invention de la laïcité révocable 

Parédé invente donc la "laïcité révocable". Il ne propose plus un contenu définitif sur la laïcité. Il propose une procédure pour que le peuple définisse la sienne, et puisse la révoquer. La laïcité elle-même tombe sous le coup du principe de révocation qui irrigue tout son texte, des élus [Art. 5] aux lois [Art. 18].

 

5. L’architecte de sa propre effaçabilité

C’est ce qui rend Parédé inclassable pour l’histoire des idées. Il ne cherche pas à bâtir un système indépassable. Il bâtit un système pour être contredit, amendé, dépassé. Il théorise sa propre révocabilité intellectuelle. L’utopie, chez lui, n’est pas un contenu figé. C’est une machine procédurale.

 

Il passe de "voici la cité idéale" à "voici les outils pour que vous construisiez la vôtre, et la clé pour la défaire si elle vous opprime".

 

6. Insistons : et s’il revient à la laïcité positive ? C’est prévu. C’est cohérent. C’est même souhaitable.

Il faut marteler ce point car c’est le cœur de la méthode Parédé. Un retour de sa part à la défense de la laïcité positive ne constituerait ni un reniement, ni une contradiction, ni une "girouette" politique. Ce serait l’application stricte de son propre texte.

 

Démonstration : 

1. L’article 7 n’est pas sanctuarisé. Le socle intangible défini à l’article 11 liste exclusivement les articles 1, 2, 3 et 11. La laïcité stricte est donc, par construction, révisable.

2. La procédure existe. Les articles 18 et 22 donnent la marche à suivre : initiative à 3% du corps électoral, puis référendum obligatoire au résultat contraignant. Parédé, comme simple citoyen, peut lancer ce RIC.

3. L’esprit du texte l’exige. Toute la Déclaration d’Alexandrie repose sur l’idée que rien ne s’impose au peuple, pas même la vision de l’auteur. Interdire à Parédé de défendre la laïcité positive, ce serait trahir l’article 1 sur la souveraineté populaire.

 

Conclusion de ce point : Sa Constitution n’interdit pas la laïcité positive. Elle interdit qu’un homme, fût-il l’auteur, l’impose sans passer par le peuple. S’il défend cette position demain dans un article ou une intervention, il ne trahit pas sa méthode : il l’illustre. Ce serait la preuve ultime que le système fonctionne : l’architecte accepte de voir son plan amendé par les habitants.

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