NTERVIEW D'UNE LECTRICE DE LA NATION ARABE ET LA DÉMOCRATIE DE STÉPHANE PARÉDÉ
INTERVIEW D'UNE LECTRICE DE LA NATION ARABE ET LA DÉMOCRATIE DE STÉPHANE PARÉDÉ :
J1. Journaliste : Vous êtes espagnole, d’origine marocaine, amazighe. Le titre "Nation arabe" ne vous a pas bloquée ?
Lectrice :
Franchement si, 2 secondes. Puis j’ai lu.
Lui il explique : "Nation" = langue partagée + histoire partagée + destin partagé.
Moi je parle espagnol à la maison, darija avec ma mère, et j’ai du sang amazigh. Et je me sens concernée.
Parce qu’il parle d’État-nation qui protège TOUTES les langues, TOUTES les cultures, avec les mêmes règles pour tous.
Amazigh, arabe, français, italien, espagnol.. la règle de transparence s’applique pareil. C’est ça qui m’a convaincue.
J2. Journaliste : Au Maghreb le débat "arabe vs amazigh" est sensible. Comment il le traite ?
Lectrice :
Il le tranche net : "Un État unitaire fort protège la diversité. Un État faible joue les communautés les unes contre les autres."
Pour lui le problème c’est pas la langue. Le problème c’est le secret. Quand l’accord est secret, tout le monde se méfie.
Quand le budget est public, l’amazighophone et l’arabophone vérifient la même ligne. Même droit, même contrôle.
Il dit pas "parlez tous arabe". Il dit "contrôlez tous pareil". Et ça, ça réconcilie.
J3. Journaliste : Vous qui vivez entre 2 rives, l’Europe et le Maghreb, vous avez retenu quoi sur la migration ?
Lectrice :
Que le drame vient de l’opacité, pas des gens.
Quand un accord est signé loin des parlements, l’Espagnol pense "ils nous envahissent", le Marocain pense "on nous traite comme sous-traitant".
Lui il propose : publiez l’accord, mettez des comités citoyens des deux côtés, comptez la dignité.
Si l’accord est juste, l’Espagnol d’origine marocaine comme moi n’a plus à choisir entre ses deux rives. Il contrôle les deux.
J4. Journaliste : Le mot "التكافل" vous parle, vu vos deux cultures ?
Lectrice :
Oui à 100%. En Espagne on dit "solidaridad". Au Maroc on dit "التكافل".
Mais les deux veulent dire pareil : on est plus fort si on s’aide, à condition que ce soit clair et entre égaux.
Lui il donne la règle pour que ça marche : frontières claires + contrats clairs + audit commun.
Ni charité européenne, ni dépendance. Coopération debout. J’ai grandi avec ça à la maison.
J5. Journaliste : Dernière question : vous qui avez les deux passeports, ce livre est pour qui ?
Lectrice :
Pour tous ceux qui en ont marre de devoir choisir une identité pour exister politiquement.
Si t’es amazigh, arabe, espagnol, mixte... si t’es fatigué du "vous vs nous"... ce livre te donne une 3ème voie : "nous contrôlons".
Il parle pas à une ethnie. Il parle à des citoyens qui veulent des règles claires. Et ça, ça dépasse les frontières.