À Blas Infante - Mon frère de sillon
/image%2F7214338%2F20260721%2Fob_4c8d82_1000035928.jpg)
À Blas Infante - Mon frère de sillon
Toi, Blas.
Ils t'ont pris à quatre heures du matin,
sur une route de Séville,
parce que tu avais osé dire
que la terre appartient à ceux qui la moissonnent.
Ils ont cru te tuer.
Ils ont semé ton corps dans un fossé.
Mais ils ne savaient pas
que le grain qu'on enterre ne meurt pas.
Tu as poussé.
Tu as poussé dans la voix de mon arrière-grand-père Francisco,
qui ne savait pas lire ton nom
mais qui labourait comme tu l'avais écrit.
Tu as poussé dans l'enfant que j'étais,
à Nîmes, qui ne comprenait pas
pourquoi le chant de la guitare lui faisait couler les larmes
alors qu'il ne parlait pas encore arabe, ni andalou.
Aujourd'hui je sais.
Ce n'était pas de la tristesse.
C'était de la mémoire.
Tu es mon frère aîné.
Tu es le pont entre mes deux rives.
Tu m'as appris que l'Andalousie n'est pas une province de l'Espagne,
que c'est un pays en exil à l'intérieur de moi-même.
Alors aujourd'hui, je te rends ce qu'on te doit :
Mon nom à côté du tien.
Francisco Paredes à côté de Blas Infante.
Stéphane Parédé, ton petit frère de la 4e Voie.
Repose. On tient le sillon maintenant.
Pour Blas, mort le 11 août 1936, vivant pour toujours.
Stéphane Parédé, Nîmes, juillet 2026.