À JOSEFA ESCARABAJAL PAREDES (1870-1942) - Stéphane Escarabajal Parédé-Paredes
À JOSEFA ESCARABAJAL PAREDES (1870-1942)
MON ARRIÈRE GRAND-MÈRE
Elle avait 33 ans.
1903. Son mari Francisco Miguel Paredes Garcia, jornalero, meurt. Il a 49 ans. Il ne laisse pas de terre. Il ne laisse pas d'argent. Les jornaleros n'ont rien, c'est leur définition : des hommes à la journée.
Des mines aux champs..
À Misserghin, Il laisse 2 enfants et entre les deux garçons une fille ðécédée toute petite. L'ainé resté à Mazarrón pour garder la petite maison. On ne sait. On sait qu'il laisse Josefa.
Josefa Escarabajal. Veuve à 33 ans. Analphabète comme 70% des femmes de Mazarrón à l'époque. Elle ne parle qu'espagnol. Sans droit de vote, sans droit à la terre, sans rien.
C'est elle qui garde le nom Paredes et. Escarabajal. C'est elle qui, en 1892, accepte l'exil à Misserghin quand la mine de plomb ferme et que la sécheresse brûle le champ.
C'est elle qui, en 1903, devient chef de famille alors que le mot n'existe pas pour une femme.
On lui dit : repars en Espagne. On lui dit : remariez-vous. On lui dit : l'Amérique.
Elle fait autre chose. Elle reste. Elle transmet.
Sans elle, pas de lignée. Sans elle, pas de 2026. Sans elle, pas de restitution de ce nom que je vais reporter aujourd'hui et très bientôt officiellement : 2ème prénom Escarabajal et adjonction de Paredes à Parédé. Ils ont voulu couper nos racines, mais comme la graine en terre j'ai poussé et de Paredes à Parédé, je proclame retour à Paredes
Quand je remets ce nom complet, je ne me restaure pas moi. Je la restaure elle. Je répare 1903 ou plutôt 1894 lorsque l'Asministration coloniale en Algérie notifie Parédé à la naissance de mon grand-père François. Je dis à cette femme de 33 ans, veuve, seule avec ses enfants, tu as gagné.
Ton nom sera mon 2ème prénom et le nom de ton mari sera accolé à celui que l'on nous a imposé.Ton nom est revenu. Il est sur une constitution.
Ses travaux, c'était nous garder en vie.
Alors cette affiche, ce n'est pas moi. C'est elle. Le béret noir, c'est Francisco. Mais le regard qui tient, c'est Josefa.
À mon arrière-grand-mère Josefa Escarabajal Paredes, veuve à 33 ans, qui a transmis quand tout disait d'abandonner.
Ton arrière-petit-fils
Stéphane Escarabajal Parédé-Paredes
Nîmes, 27 septembre 2026
Arrière petit-fils de jornalero, fils de jornalero, jornalero. Et arrière petit-fils de Josefa.