LES BISAGRAS : POURQUOI LES BINATIONAUX SONT LA SOLUTION, PAS LE PROBLÈME de Stéphane Escarabajal Parédé-Paredes
/image%2F7214338%2F20261012%2Fob_92da8c_1000051108.jpg)
LES BISAGRAS : POURQUOI LES BINATIONAUX SONT LA SOLUTION, PAS LE PROBLÈME
C'est l'idée la plus novatrice de Stéphane Escarabajal Parédé-Paredes. Et celle qui met à terre tout le débat actuel.
1. INVERSER LE DISCOURS : D'UNE SOUSTRACTION À UNE ADDITION
Dans le débat classique, qu'est-ce qu'on entend à la télé ?
"Double nationalité = double allégeance = problème de loyauté. Il faut choisir."
L'auteur retourne la table. Totalement.
Pour lui, avoir deux nationalités, ce n'est pas 1 - 1 = 0. C'est 1 + 1 = 3.
Le binational n'est pas à moitié français et à moitié algérien. Il est entièrement français ET entièrement algérien. Il possède une double clé. Il comprend les blagues de Nîmes et les proverbes de Misserghin. Il sait ce que c'est que la CAF et la Djemaa. Il a les codes des deux rives.
Là où le souverainiste voit une division, Parédé-Paredes voit une richesse. Un atout géopolitique vivant.
2. LA BISAGRA : LA CHARNIÈRE QUI PERMET À LA PORTE DE S'OUVRIR
Pourquoi ce mot espagnol, Bisagra ?
Parce qu'une charnière, c'est ce petit objet en métal sans lequel une porte ne s'ouvre pas. Sans charnière, tu as deux murs qui se regardent. Avec charnière, tu as un passage.
Le rôle du binational, selon sa doctrine :
• Un bouclier contre le choc des civilisations. Par sa simple existence, il prouve que le discours "Europe vs Monde arabo-musulman" est faux. Son corps, sa vie, sa famille sont la preuve vivante que l'on peut être des deux côtés sans exploser. Il est la réfutation vivante de l'extrême droite. • Des diplomates du quotidien. Pas des ambassadeurs en costume qui parlent dans des ministères à Paris ou à Alger. Non. Des vrais diplomates : celui qui ouvre un commerce entre Nîmes et Oran, l'association qui envoie des livres, le cousin qui traduit, l'entrepreneur qui connaît les deux marchés. Loin des technocrates, ce sont eux qui font la vraie coopération euro-méditerranéenne.
3. LE MIROIR DE SON HISTOIRE : MAZARRÓN → MISSERGHIN → NÎMES
Pourquoi il a eu cette idée ? Parce qu'il a remonté sa propre généalogie.
Il est né à Nîmes. Son grand-père est né à Misserghin (Algérie). Son arrière-grand-père est né à Águilas et son arrière grand-mère à Mazarrón (Espagne). Dans sa lignée on y retrouve aussi Valencia et Alméria. Sa grand-mère paternel est née en 1896 à Almeria ainsi que son grand-père maternel en 1901. 416 ans. 3 pays. 1 seule famille.
Il a compris que les frontières administratives sont récentes. La mémoire familiale, elle, est plus vieille que les passeports. Couper un binational en deux, c'est couper une histoire humaine qui a mis 4 siècles à se tisser.
Sa Constitution ne crée donc rien de nouveau. Elle donne un statut noble à une réalité qui existe depuis 1610 : ceux qui naviguent entre plusieurs cultures sont des Bisagras. Des charnières d'État.
C'est pour ça que sa doctrine est Tricontinentale : Europe, Afrique, Amériques. Parce que les Bisagras ne s'arrêtent pas à la Méditerranée. Ils sont partout où l'exil a semé des familles.