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LA DÉMOCRATIE : UN PROJET POUR LA NATION ARABE selon Stéphane Parédé
La démocratie dans la pensée arabo-musulmane : les principes démocratiques partie intégrante de la pensée arabo-musulmane
Stéphane Parédé défend l'idée que la Nation Arabe et la démocratie sont liées, et que le panarabisme et le panislamisme partagent des objectifs similaires comme la justice sociale et l'importance de l'islam.
- La démocratie dans la pensée arabo-musulmane : Stéphane Parédé montre que les principes démocratiques font partie intégrante de la pensée arabo-musulmane, avec des concepts comme la shura (consultation) et la justice sociale.
- La justice sociale : il analyse les idées de penseurs arabo-musulman sur la zakat, la propriété individuelle avec des limites, et la responsabilité sociale, pour montrer que l'islam peut inspirer des principes de justice sociale.
- Un projet pour la Nation Arabe : Stéphane Parédé propose une vision de la Nation Arabe qui intègre les principes de la démocratie et de la justice sociale, inspirés de l'islam et de la pensée arabo-musulmane.
[22/04 03:46] OSTÉPHANE: L’opposition entre panarabisme et panislamisme, une fatalité pour le monde arabo-musulman ?
Stéphane Parédé offre une autre destinée
Dans "La Nation Arabe et la Démocratie", le théoricien Stéphane Parédé s’attaque à un des clivages les plus paralysants du monde arabo-musulman : la prétendue guerre froide entre panarabisme et panislamisme. Loin d’y voir une contradiction insoluble, il y décèle les deux dialectes d’une même langue politique : celle de l’émancipation.
1. Une fausse dichotomie entretenue
Le panarabisme, porté par la vague des indépendances des années 1950, a pour horizon l’unité des peuples arabes. Objectif : briser l’impérialisme, bâtir des États-nations souverains, modernes, capables de peser. Sa référence est l’histoire, la langue, la culture partagée.
Le panislamisme, lui, fédère au-delà de l’arabité. Sa référence est l’umma, la communauté des croyants. Il fait de l’islam le socle d’un projet politique et social transnational.
On a voulu faire de ces deux courants des ennemis. Identité arabe contre identité islamique. Laïcité contre religion. National contre universel. Pour Parédé, cette opposition est un piège. Elle empêche de voir que les deux projets naissent de la même blessure – colonisation, humiliation, dépendance – et visent la même promesse : justice sociale, dignité, souveraineté.
2. Le point aveugle : la démocratie comme horizon commun
Là où Parédé innove, c’est en déplaçant la question. Le vrai débat est « autoritaire ou démocratique ? ».
Il montre que panarabisme et panislamisme, dans leurs versions populaires, portent en germe des exigences démocratiques. Les foules de 2011, du Caire à Tunis, ne scandaient pas « nationalisme » ou « charia ». Elles scandaient karama – dignité – et ‘adala ijtima‘iyya – justice sociale. Leurs slogans mêlaient sans complexe versets coraniques et références à la nation. La rue a déjà fait la synthèse que les idéologues refusent.
3. Vers une symbiose émancipatrice : la nation arabe musulmane
La solution de Parédé n’est pas le syncrétisme mou. C’est une architecture politique claire. Il propose de fonder un État-nation arabe unifié dont l’islam serait la référence éthique et culturelle, L’islam y joue le rôle d"une matrice de valeurs – justice, consultation shûrâ, contrat bay‘a – compatible avec des institutions démocratiques modernes.
Dans ce cadre, le panarabisme donne la forme : l’État, la souveraineté, la puissance. Le panislamisme donne le fond : le sens, la légitimité populaire, l’horizon moral. L’un sans l’autre produit soit des dictatures sans âme, soit des utopies sans territoire.
4. Répondre aux trois dépendances
Pour Parédé, seule cette alliance peut briser le triple verrou qui enferme la région : l’autoritarisme politique, les inégalités sociales explosives et la dépendance économique à l’Occident. Séparés, panarabisme et panislamisme ont échoué. Ensemble, ils redeviennent une force de proposition.
En somme, Stéphane Parédé montre que la vraie fatalité serait de continuer à s’y épuiser. L’autre destinée qu’il offre est celle d’une nation arabe, musulmane et démocratique, capable de parler au monde d’égal à égal parce qu’elle s’est réconciliée avec elle-même.