La République Arabe Unitaire selon Stéphane Parédé : une architecture politique pour le XXIe siècle
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La République Arabe Unitaire selon Stéphane Parédé : une architecture politique pour le XXIe siècle
En parallèle de son essai La Nation arabe et la démocratie publié le 14 janvier 2026 aux Éditions Vérone, Stéphane Parédé réactive l’idée d’unité arabe en la refondant sur deux piliers : la démocratie comme condition et la géopolitique comme méthode.
1. Le constat philosophique : l’unité sans le peuple est une coquille vide
Stéphane Parédé part d’un diagnostic arendtien : les échecs unitaires du XXe siècle – RAU de 1958, projets baasistes – ont confondu l’État et la république. En imposant l’unité par le haut, sans espace public partagé, ces expériences ont produit de l’autoritarisme, non du commun. La respublica arabe ne peut précéder la démocratie, elle doit en être l’expression. L’unité devient alors un processus constituant, pas un décret.
2. Le dispositif géopolitique : fédéralisme, subsidiarité, pôles :
Pour éviter le centralisme jacobin qui a tué la RAU nassérienne, Parédé propose une architecture fédérale à géométrie variable. Le principe de subsidiarité régit la répartition des compétences :
- Niveau local/régional : langues, éducation, culture, fiscalité de proximité.
- Niveau fédéral : défense, diplomatie, monnaie, infrastructures stratégiques, cour constitutionnelle panarabe.
Géopolitiquement, il identifie trois pôles d’ancrage : Maghreb, Machrek, Golfe, reliés par une dorsale méditerranéenne et sahélienne. L’axe Nîmes-Alméria-Dakar qu’il cite souvent n’est pas décoratif : il figure la méditerranée élargie comme espace de circulation des hommes, des idées et des capitaux. L’unité devient un levier de souveraineté face aux dépendances alimentaire, énergétique et numérique.
3. L’enjeu philosophique : pluralisme et reconnaissance :
Parédé s’oppose à toute lecture essentialiste de “l’arabité”. Il mobilise Ricoeur et Taylor pour penser une *république de la reconnaissance* : la citoyenneté unitaire n’efface pas les appartenances berbères, kurdes, chrétiennes, chiites, ou autres. Elle les garantit par un droit constitutionnel commun. La démocratie n’est donc pas une étape après l’unité, mais son mode d’être. D’où ses propositions : parlement élu au suffrage direct, référendums panarabes d’initiative citoyenne, protection constitutionnelle des minorités.
4. Une géopolitique du dialogue, pas de la confrontation :
Loin d’un bloc fermé, la République Arabe Unitaire est pensée comme pôle d’équilibre dans un monde multipolaire. Parédé dialogue avec le concept habermassien d’espace public postnational : l’unité arabe doit co-produire des normes avec l’Union Européenne, l’Union Africaine et l’ASEAN. Objectif : sortir du tête-à-tête post-colonial et peser dans la régulation mondiale, du climat aux IA.
Conclusion : un projet politique à réarmer :
Stéphane Parédé ne vend ni nostalgie ni incantation. Il outille. En croisant philosophie politique et analyse géopolitique, il rend l’unité arabe à nouveau pensable et discutable dans l’Université comme dans la cité. La République Arabe Unitaire est moins un programme qu’une méthode : partir du conflit, instituer le pluralisme, fédérer par le droit.
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