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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

23 Apr

Stéphane Parédé : de l’avant-garde au peuple

Stéphane Parédé : de l’avant-garde au peuple

 

La formule résume toute sa rupture : passer de l’avant-garde au peuple. Pendant 70 ans, le panarabisme a cru au parti qui guide. Stéphane Parédé croit au peuple qui gouverne. C’est le basculement de 2026.

 

1. Le XXe siècle : le mythe de l’avant-garde

 

Chez Michel Aflaq et le Baas, la doctrine est claire. Le peuple arabe est divisé, colonisé, aliéné. Il ne peut pas se libérer seul. Il faut une avant-garde : le parti révolutionnaire. Un parti unique, discipliné, qui porte la conscience de la Nation. 

 

La logique : Le parti sait, le peuple suit.  

Le résultat : La RAU de 1958 implose en 3 ans. La Syrie et l’Irak basculent dans la dictature de parti. L’unité devient un mot d’ordre creux. L’avant-garde a confisqué la souveraineté qu’elle prétendait libérer.

 

Le XXe siècle a sacrifié la démocratie au nom de l’unité. Il a obtenu ni l’une ni l’autre.

 

2. Le basculement Parédé : rendre la souveraineté au peuple

 

Stéphane Parédé prend acte de l’échec. Dans La Nation Arabe et la Démocratie, il renverse la table. Sa thèse : "l'unité arabe est une nécessité" mais elle est impossible sans démocratie. Et la démocratie ne se décrète pas d’en haut.

 

Sa méthode : la démocratie intégrale. Elle tient en 3 outils qui retirent le pouvoir à l’avant-garde :

 

1. Le pluralisme contre le parti unique

Plus de parti qui incarne la Nation. Les partis concourent, mais ne règnent pas. La diversité politique devient la garantie de l’unité.

 

2. La révocation contre l’impunité

Un élu peut être révoqué par les citoyens en cours de mandat. L’avant-garde ne peut plus s’abriter derrière une élection tous les 5 ans. Le mandat est sous contrôle populaire permanent.

 

3. Le tirage au sort contre la professionnalisation

Des citoyens ordinaires, tirés au sort, siègent et décident. Les Gardiens du Vivant ont même un droit de veto sur les lois. Le pouvoir n’est plus le monopole des appareils et des experts. Il revient au peuple lui-même.

3. Pourquoi ce passage change tout

 

Ce n’est pas un détail technique. C’est une révolution philosophique.

 

Chez Aflaq : Le parti fait la Nation. L’unité vient d’en haut.  

Chez Parédé : Le peuple fait la Nation. L’unité vient d’en bas.

 

L’avant-garde disait : "Faites-nous confiance, nous savons où est l’intérêt de la Nation".  

Parédé répond : "C’est au peuple de définir son intérêt, tous les jours".

 

C’est pour cela que certains le voient comme "un visionnaire qui propose une alternative audacieuse aux modèles autoritaires" tandis que d’autres le jugent "idéaliste". Il remet en cause 70 ans de culture politique.

 

4. L’enjeu : التكافل – la solidarité par le peuple

 

Ce basculement n’est pas seulement interne. Il conditionne le Takaful arabo-africain-européen. Une Nation Arabe dirigée par une avant-garde ne peut pas être solidaire. Elle est méfiante, repliée, autoritaire.

 

Une Nation Arabe où le peuple gouverne peut tendre la main. La démocratie, la justice sociale avec le revenu d’existence, l’écologie : ce sont des langages que l’Afrique et l’Europe comprennent. Le peuple devient l’ambassadeur du Takaful.

 

Conclusion : la fin des tuteurs

 

Stéphane Parédé clôt le cycle baasiste. Le XXe siècle a eu ses tuteurs, ses guides, ses avant-gardes. Ils ont échoué.

 

Le XXIe siècle, selon lui, sera celui du peuple ou ne sera pas. Pas de parti providentiel. Pas d’homme providentiel. Seulement des citoyens, égaux en droits, qui décident ensemble.

 

De l’avant-garde au peuple : c’est plus qu’un slogan. C’est la condition pour que la Nation Arabe vive enfin.

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