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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

10 Apr

Stéphane Parédé et la Justice sociale

Stéphane Parédé et la Justice sociale

 

Dans le projet théorique de Stéphane Parédé, la République Arabe Unitaire ne peut exister sans la justice sociale. L’unité politique et la démocratie ne sont pas des fins en soi : elles sont les instruments d’une redistribution radicale des richesses, des savoirs et du pouvoir. Pour Parédé, un peuple divisé entre possédants et dépossédés reste une proie facile pour les tyrannies intérieures et les dominations extérieures.

 

1. Le diagnostic de Parédé : l’injustice comme racine des divisions

 

Parédé part d’un constat historique. Les tentatives unitaires arabes du XXe siècle ont échoué parce qu’elles ont juxtaposé des États sans unifier les conditions de vie des peuples. Les inégalités entre régions pétrolières et régions agricoles, entre villes mondialisées et campagnes abandonnées, ont nourri les séparatismes et les clientélismes. La démocratie, lorsqu’elle fut tentée, s’est heurtée à la misère : un citoyen qui a faim vote pour son pain, pas pour ses idées.

 

Sa conclusion est nette : pas d’unité durable sans égalité réelle, pas de démocratie vivante sans sécurité sociale. La justice sociale n’est donc pas un chapitre de son programme, elle en est la condition.

 

2. Les piliers de la justice sociale dans la République Arabe Unitaire

 

La Constitution actualisée traduit cette vision en droits opposables et en mécanismes institutionnels.

 

D’abord, les droits sociaux fondamentaux sont garantis. L’éducation, la santé, le logement, le travail digne et l’accès à l’eau et à l’énergie en quantité vitale ne sont plus des promesses, mais des créances que chaque citoyen peut faire valoir devant le juge. L’enseignement public est gratuit de la crèche à l’université. L’Union crée un service public hospitalier unique, financé par l’impôt, qui supprime la santé à deux vitesses entre régions riches et régions pauvres.

 

Ensuite, Parédé instaure un revenu d’existence garanti à l’échelle de l’Union. Versé à chaque adulte, il assure un socle inconditionnel qui libère du chantage à l’emploi et reconnaît le travail du soin, de l’éducation et de la création. Les régions peuvent le compléter par un revenu d’activité, mais aucune ne peut descendre sous le plancher commun. Ce revenu est financé par trois sources nouvelles : l’impôt sur les grandes fortunes de l’Union, la taxe sur les transactions financières, et une part des rentes issues des ressources naturelles, considérées comme bien commun de la Nation arabe.

 

Troisième pilier : la démocratisation de l’économie. La Constitution impose la représentation des salariés dans les conseils d’administration de toute entreprise de plus de cinquante salariés, avec un tiers des voix. Elle reconnaît les coopératives, les mutuelles et les entreprises publiques comme formes prioritaires pour les secteurs de l’eau, de l’énergie, du rail, du numérique et du médicament. La propriété commune est inaliénable : les nappes phréatiques, les semences, les données de santé et les algorithmes financés par l’Union ne peuvent être privatisés.

 

Enfin, la justice fiscale est refondée. L’Union harmonise l’impôt par le haut. Les grandes fortunes, les profits des multinationales et les successions supérieures à dix fois le revenu médian sont taxés au niveau de l’Union pour alimenter le Fonds de solidarité, de convergence et de résilience. L’évasion fiscale devient un crime fédéral jugé par la Cour Suprême. À l’inverse, les premiers mètres cubes d’eau, les premiers kilowatts et le panier alimentaire de base sont exonérés de toute taxe.

 

3. Les institutions de la justice sociale

 

Pour que ces principes ne restent pas lettre morte, Parédé dote la République d’institutions dédiées.

 

Le Congrès vote chaque année, en même temps que le budget financier et le budget carbone, un budget des inégalités. Il mesure les écarts de revenu, de patrimoine, d’espérance de vie et d’accès aux services entre régions, entre femmes et hommes, entre villes et campagnes. Tout creusement des écarts doit être justifié et compensé l’année suivante, sous peine de censure du Gouvernement.

 

Le Conseil Citoyen de l’Union, tiré au sort, dispose d’un droit d’alerte sociale. S’il estime qu’une loi ou un budget aggrave la pauvreté, il peut suspendre son application et imposer un référendum. Les conventions citoyennes sur le travail et les salaires se tiennent tous les cinq ans pour réévaluer le montant du revenu d’existence et le salaire minimum de l’Union.

 

La Cour Suprême, via sa Chambre sociale, peut condamner l’Union ou une région pour « déni de justice sociale ». Elle a déjà, dans les écrits de Parédé, imposé la construction de cent mille logements en trois ans dans les régions côtières après un recours d’associations de mal-logés.

 

4. L’horizon de Parédé : la dignité comme souveraineté

 

Pour Stéphane Parédé, la justice sociale est l’autre nom de la souveraineté. Un peuple qui ne maîtrise ni son pain, ni son toit, ni son savoir n’est pas indépendant, même s’il a un drapeau. La République Arabe Unitaire vise donc à sortir les peuples arabes de la double dépendance : dépendance aux rentes et aux aides extérieures, dépendance aux oligarchies intérieures.

 

Son projet n’est ni l’assistanat généralisé, ni le nivellement autoritaire. C’est une égalité des capacités : donner à chacun les moyens matériels, éducatifs et démocratiques de choisir sa vie. L’unité arabe, chez lui, est un pacte de protection mutuelle. La démocratie est le moyen de le contrôler. La justice sociale en est la preuve.

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