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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

30 May

La Nation arabe : Unitaire et Démocrate selon Stéphane Parédé

La Nation arabe : Unitaire et Démocrate selon Stéphane Parédé

D’après les pages 63-73, 140-143 du livre La Nation arabe et la Démocratie, Stéphane Parédé analyse comment la Nation arabe peut redevenir unie et démocratique après les échecs du nationalisme autoritaire et les bouleversements du Printemps arabe.

 1. Unitaire : l’unité par la culture, la langue et le projet commun

Parédé reprend la pensée de Michel ‘Aflaq et de Rifa’a al-Tahtawi pour fonder l’unité :

- Michel ‘Aflaq : L’unité arabe ne peut être réduite à l’immobilité. Elle repose sur 5 libertés : liberté de comportement, liberté politique, liberté naturelle et liberté religieuse. La liberté est « le moyen par excellence d’atteindre le bonheur des peuples ». Quand elle est respectée, elle fonde l’amour de la patrie, le bonheur et la bienveillance.
- Al-Tahtawi : La nation est définie par la langue, la culture et la citoyenneté, pas seulement par la religion. Il insiste sur l’éducation comme condition de la liberté et de l’unité.
- Critique du Baath récupéré : Parédé montre que le Baath historique de ‘Aflaq a été dévoyé. L’unité imposée par la force et le parti unique a produit l’éclatement, pas l’union.

 2. Démocrate : la démocratie participative comme exigence post-Printemps arabe

Parédé consacre une grande partie du livre à la « démocratie participative » comme seule voie viable :

- Définition : Ce n’est pas seulement voter tous les 5 ans. C’est une participation continue des citoyens à l’élaboration, au contrôle et à l’évaluation des politiques publiques.
- Exemples concrets :
    - Maroc : La Constitution de 2011 instaure la démocratie participative. Le gouvernement Benkirane est salué pour ses réformes en faveur des femmes, de l’éducation et de la lutte contre la discrimination.
    - Tunisie : Ennahdha fait de l’éducation et de la formation professionnelle l’axe central pour répondre aux aspirations des jeunes et réduire le chômage.
    - Syrie : La Constitution de 2012 affirme que « le système politique de l’État repose sur le principe du pluralisme politique » et que « le peuple exerce sa souveraineté par lui-même ».
    - Libye : Après la chute de Kadhafi, le CNT garantit les libertés fondamentales. Les femmes ont été très actives : plus de 600 candidates aux élections du Congrès national.

 3. Le rôle central des femmes et de la justice sociale

Pour Parédé, une nation unie et démocratique ne peut exister sans égalité réelle :

- Références islamiques : Il cite le Coran 9:71 « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres » et 3:195 sur l’égalité de l’œuvre de l’homme et de la femme. Il s’appuie sur Asma Lamrabet et Aïcha pour montrer que l’Islam originel reconnaît les droits des femmes.
- Figures historiques : Fatima al-Fihriya, fondatrice de l’université al-Qarawiyyîn, et Shifa’ nommée responsable du marché par Omar, illustrent cette tradition.
- Justice sociale : Ennahdha et le PJD marocain mettent l’accent sur l’éducation, la santé, l’emploi des femmes et la lutte contre la pauvreté. L’objectif est que « il n’y ait plus un seul pauvre social ».

4. Les leçons des échecs

Parédé analyse pourquoi les expériences ont échoué :

- Égypte : Les Frères musulmans n’ont pas su éviter la polarisation et ont fait des concessions qui ont facilité le retour de l’armée.
- Syrie : Mouaz al-Khatib dénonce la récupération de la révolution par des groupes armés et les rivalités Qatar/Arabie saoudite. Il insiste sur la séparation entre religion et État.
- Bahreïn : La répression de la révolte montre que sans volonté politique, la démocratie reste un slogan.

5. Conclusion de Parédé

La Nation arabe ne renaîtra que si elle combine :
1. Unité culturelle et fédérale : respect des diversités, langue arabe, projet commun.
2. Démocratie participative : le peuple législateur et contrôleur, pas seulement électeur.
3. Justice sociale et égalité : l’éducation, les droits des femmes et la dignité humaine comme piliers.

Il conclut : « Le Printemps arabe ne marque pas la fin d’un processus, mais le début d’une résurgence des valeurs démocratiques pour la Nation arabe. Que ce rêve pour le monde arabe devienne réalité… »

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