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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

30 May

La Nation arabe : Unitaire et Démocrate selon Stéphane Parédé

La Nation arabe : Unitaire et Démocrate selon Stéphane Parédé

D’après les pages 15-24 du livre, Stéphane Parédé analyse pourquoi la Nation arabe peine à se reconstruire de manière unie et démocratique après les indépendances et le Printemps arabe, et propose une voie qui articule héritage arabe, islam, et démocratie participative.

 1. Les échecs de l’unité et de la démocratie après les indépendances

Parédé montre que les projets unitaires et démocratiques ont échoué pour 3 raisons principales :

- L’Irak et la Syrie : Malgré la chute de Saddam Hussein et l’adoption de la Constitution syrienne de 2012, les luttes confessionnelles ont réapparu. La Syrie est en guerre interne, l’opposition est divisée entre salafistes et Frères musulmans, et le risque est de devenir « un nouvel Afghanistan ou un Irak ».
- L’Égypte : Même après des élections démocratiques et une nouvelle Constitution, le pays reste divisé en deux blocs. La stabilité ne viendra que de « la pratique de la démocratie et de ses principes ».
- Les monarchies du Golfe : Elles n’ont fait aucune avancée en matière de droits. Pour Parédé, la seule solution est la mobilisation citoyenne, comme à Bahreïn.

Il conclut que l’unité imposée par le Baath et le nationalisme autoritaire a échoué. Le parti Ba’th, selon Michel ‘Aflaq, ne peut rester solide que s’il revient « vers le peuple, son honnêteté et sa vérité ».

 2. L’héritage intellectuel : Michel ‘Aflaq et Rifa’a al-Tahtawi

Parédé ancre son projet dans deux penseurs :

 Michel ‘Aflaq:
- Théoricien du « socialisme arabe unitaire » ou panarabisme.
- Rejette l’athéisme marxiste : « Nous ne sommes pas athées, nous n’accepterons pas les athées ».
- Défend un nationalisme arabe à base linguistique, non confessionnelle, voire laïque.
- Pour lui, le peuple est « la seule force révolutionnaire efficace ». Le parti doit parler au peuple ouvertement et lui donner des responsabilités.

 Rifa’a al-Tahtawi:
- Il définit ce que les Arabes appellent « liberté » et « égalité » : hurriyya et taswiya.
- Pour lui, l’attachement à la religion et le zèle à la défendre sont ce qui fait la puissance des musulmans. Les non-musulmans appellent cela « l’amour de la patrie ».
- Il prône une éducation généralisée, y compris pour les filles, et une citoyenneté qui dépasse les divisions religieuses.

 3. Le Printemps arabe : une renaissance inachevée

Parédé voit dans le Printemps arabe une rupture historique :

- C’est la renaissance du mouvement civique et associatif pour les droits de l’Homme, la liberté et l’égalité.
- La mobilisation pacifique a permis aux citoyens de proposer des revendications. Mais la révolte est « très loin d’être terminée ».
- Après les soulèvements, les islamistes sont arrivés au pouvoir au Maroc, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen. Au Maroc, le PJD partage le pouvoir et ne contrôle pas les ministères clés de la Justice et de l’Intérieur.

 4. La voie proposée : une démocratie enracinée et la place centrale des femmes

 Démocratie enracinée :
Parédé s’appuie sur Alexis de Tocqueville pour dire qu’après le Printemps arabe, l’éducation populaire doit être une priorité pour consolider les principes démocratiques.
Il cite Tocqueville : « Instruire la démocratie, ranimer peu à peu la science des affaires à son inexpérience… tel est le premier des devoirs imposés à ceux qui dirigent la société ».
La démocratie, c’est « une doctrine politique d’après laquelle la souveraineté doit appartenir à l’ensemble des citoyens ».

 La femme arabe, pilier de la Nation :
Parédé affirme que « les droits des femmes ne sont pas négociables » et qu’ils font partie de la culture et du processus démocratique depuis des siècles.
« La femme arabe est la lumière de l’humanité, elle est le pilier de la société arabe et elle est l’avenir de la Nation arabe ».

 5. Conclusion

Pour Parédé, la Nation arabe ne peut être unie et démocratique qu’en :
1. Rejetant le nationalisme extrême et réactionnaire qui provoque des conséquences graves.
2. Revenant au peuple comme source de légitimité, comme le disait ‘Aflaq.
3. Construisant une démocratie participative enracinée dans la culture arabe, la langue et l’islam, avec l’éducation et les droits des femmes comme piliers.

Le Printemps arabe a fait resurgir des idéaux enfouis depuis la Constitution de Médine. Même si la situation reste fragile, un retour à la période préislamique est impossible.

 

 

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