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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

18 May

Stéphane Parédé : sans les femmes, pas de Nation Arabe démocratique. Analyse de l’apport historique et institutionnel dans La Nation Arabe et la Démocratie

Stéphane Parédé : sans les femmes, pas de Nation Arabe démocratique.

Analyse de l’apport historique et institutionnel dans La Nation Arabe et la Démocratie

 

- Stéphane Parédé, Éditions Vérone, 14 janvier 2026 - Chapitre II, p.129-141.-

 

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Introduction : La question des femmes comme test de la démocratie

 

Dans le Chapitre II « Vers une affirmation et une confirmation des principes démocratiques »_ Stéphane Parédé fait un choix clair : l’avenir démocratique du monde arabe se joue sur la place faite aux femmes. Pour lui, il n’y a pas de Nation arabe unie et souveraine sans leur participation pleine et entière à la vie politique, sociale et éducative.

 

Cette idée traverse tout le chapitre, des pages 129 à 141, et s’appuie sur 3 piliers : l’héritage historique, l’éducation, et l’institutionnalisation de la participation.

 

1. L’apport historique et culturel : une légitimité endogène

 

Stéphane Parédé refuse l’idée que l’égalité des sexes serait une importation occidentale. Pages 135-137, il montre que :

 

- Les textes fondateurs contiennent des droits concrets : droit de propriété, capacité juridique, statut civil. L’Islam initial, selon lui, a posé les bases d’une égalité rompue ensuite par les structures patriarcales.

- L’histoire regorge de figures féminines actives : Aïcha, Hafsa, et plus tard Bourguiba en 1956 avec le Code du statut personnel tunisien.

- L’éducation des filles est une obligation : en s’appuyant sur al-Tahtawi, il rappelle que « l’éducation est indispensable de donner une éducation aux filles comme aux garçons ».

 

Pour Stéphane Parédé, la régression historique ne vient pas de l’identité arabo-musulmane, mais de sa trahison par des pouvoirs autoritaires.

 

2. L’engagement dans les luttes de libération et le socialisme arabe

 

Pages 130-133, l’auteur montre que les femmes ont été en première ligne des combats qui ont façonné le monde arabe moderne :

 

- Lutte anticoloniale : elles ont jeté les bases de leur légitimité politique en participant aux mouvements d’indépendance.

- Syndicalisme et justice sociale : Parédé lie panarabisme, panislamisme et socialisme. Il souligne le rôle des femmes dans les contestations ouvrières pour la karama / dignité et une meilleure répartition des richesses.

- Printemps arabe : les exemples de Tawakkol Karman au Yémen, Souheir al-Atassi en Syrie, et les sœurs al-Khawaja à Bahreïn montrent que les femmes sont restées à l’avant-garde.

 

Sans cet engagement, il n’y a pas de légitimité démocratique possible.

 

3. La démocratie participative : l’éducation comme condition

 

Le cœur du Chapitre II est l’idée que la démocratie ne se décrète pas. Elle se construit par l’éducation et la participation, p.129-135.

 

Al-Tahtawi, la clé de voûte :

Stéphane Parédé reprend la thèse du réformateur égyptien : « sans éducation, il n’y a pas de liberté et inversement ». L’éducation forme des citoyens capables de gérer leurs affaires, pas des sujets. Elle doit être globale : matérielle, spirituelle, morale, sensorielle.

 

La Tunisie et la Libye post-2011 :

- En Égypte, Parédé critique le refus du pluralisme par les Frères musulmans et l’instabilité sous Morsi.

- En Libye, le CNT inscrit l’égalité des droits civils et politiques, mais la réalité reste fragile.

- En Tunisie, Ennahdha propose un programme centré sur l’éducation, l’emploi des jeunes et la participation citoyenne.

 

Le Maroc comme exemple :

Pages 140-141, Parédé salue la Constitution de 2011 et la politique éducative du gouvernement Benkirane. Objectif : « rétablir la confiance citoyenne » et faire de l’école publique un pilier du développement humain. L’éducation et la participation sont vues comme les conditions d’une démocratie durable.

 

4. Conclusion : pas de Nation arabe sans citoyennes actives

 

Pour Parédé, le « baromètre de la démocratie » est simple : le niveau d’intégration de la question féminine dans les réformes politiques mesure la sincérité démocratique d’un État.

 

La RAU 2026 qu’il propose repose sur cette logique :

- Parité institutionnelle pour éviter que la démocratie reste masculine.

- Éducation civique universelle pour former des citoyens, hommes et femmes, capables de participer.

- Démocratie participative par le tirage au sort et les conseils citoyens, pour éviter la capture par les partis.

 

Sans cela, la Nation arabe reste un projet inachevé.

 

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Pourquoi ce chapitre est central

 

1. Il relie histoire et proposition : al-Tahtawi 1830 → Printemps arabe 2011 → RAU 2026. Même fil rouge : éducation + participation.

2. Il refuse le faux dilemme : ni copier l’Occident, ni revenir à un autoritarisme patriarcal. La solution est endogène.

3. Il fait des femmes un critère objectif : une démocratie qui exclut les femmes n’est pas une démocratie, c’est une gestion.

 

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