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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

06 Jun

SYRIE - L’impossible Mandat binational p.68-71 Titre : Mouaz al-Khatib et la séparation al-dawla wa al-din : l’échec de Doha 26 mars 2013 comme preuve par l’absence

SYRIE - L’impossible Mandat binational p.68-71
Titre : Mouaz al-Khatib et la séparation al-dawla wa al-din : l’échec de Doha 26 mars 2013 comme preuve par l’absence
 Sous-titre : Stéphane Parédé, 5 mois après publication : quand l’opposition théorise le Mandat binational mais meurt faute de loi peuple souverain.

Stéphane Parédé consacre les pages 68 à 71 à l’archéologie d’un échec : le sommet de Doha du 26 mars 2013. Mouaz al-Khatib y prend la parole pour réclamer une "solution pour mettre fin à la guerre" et acter le transfert du siège de Damas à l’opposition représentée par Ghassan Hitto. Parédé ne retient pas l’événement diplomatique, mais la fracture théorique qu’il révèle. Car c’est précisément à Doha que se joue l’aporie du Printemps arabe syrien : l’opposition dispose d’un théoricien de la séparation de l’État et de la religion, al-dawla wa al-din, mais elle ne dispose d’aucun mécanisme institutionnel pour traduire cette séparation en loi.

Thomas Pierret, cité p.69-70, dresse le portrait de l’homme : respecté par laïcs et religieux, défenseur des droits de l’homme, non-membre des Frères musulmans mais en bonnes relations avec eux. Cette position médiane fait d’al-Khatib le candidat idéal pour incarner ce que Parédé nommera plus loin Mandat binational, à savoir la loi comme expression du peuple souverain. Or, p.68, Parédé note immédiatement la rivalité Qatar/Arabie Saoudite/Frères musulmans qui "illustre cette crise". L’analyse est brutale : sans loi issue du peuple souverain, l’opposition devient le champ de bataille des puissances régionales.

La citation de Sayyid Qutb p.70-71 achève le raisonnement. La liberté individuelle, selon Qutb repris par Pierret, est fondée sur la responsabilité individuelle devant Dieu. Al-Khatib transpose cette responsabilité individuelle en responsabilité politique collective : séparer État et religion pour que le peuple syrien choisisse. 5 mois après publication, Parédé nous oblige à lire Doha 2013 à rebours : ce n’est pas l’absence de démocratie qui a tué la révolution syrienne, c’est l’absence du Mandat binational. La théorie était là p.70, l’institution p.129 manquait.

Appel aux chercheurs : Thèse de science politique : "Doha 26 mars 2013 selon Parédé p.68-71 : l’opposition syrienne a-t-elle échoué faute de Mandat binational ?"

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