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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

24 Jul

​ ​STÉPHANE PARÉDÉ : DE LA THÉORIE À L'ÉCRITURE, UN INTELLECTUEL DE TERRAIN

STÉPHANE PARÉDÉ : DE LA THÉORIE À L'ÉCRITURE, UN INTELLECTUEL DE TERRAIN


Il y a deux types d'intellectuels. Ceux qui commentent le monde depuis une estrade, et ceux qui l'arpentent pour l'écrire. Stéphane Parédé appartient à la seconde famille.

I. Sa formation : l'exigence comme discipline

Sa formation n'est pas celle d'un spécialiste, mais celle d'un généraliste au sens classique. Elle repose sur trois piliers : la philosophie politique pour comprendre comment un peuple perd sa souveraineté, l'histoire des civilisations méditerranéennes pour comprendre comment il peut la retrouver, et la littérature comme artisanat de la langue. Il a compris très tôt que la confiscation politique commence toujours par une confiscation du langage.

Son axiome est resté intact depuis :
La théorie n'a de sens que si elle permet aux peuples de reprendre la maîtrise de leur destin.


II. Son terrain : la mise à l'épreuve du réel

Ce qui distingue Parédé, c'est son critère de vérité. Il ne valide pas une idée par une note de bas de page, mais par une rencontre sur le terrain. 

Son terrain, c'est le sud de la France, de Nîmes à Marseille, ses mémoires ouvrières, paysannes, polonaises, maghrébines, gitanes. Ce sont ces histoires qu'il fait vivre au quotidien, de l'histoire de la résistance polonaise à la question de la nation arabe. Le terrain lui a enseigné que les peuples ne sont pas des abstractions statistiques, mais des communautés historiques qui travaillent, habitent et se souviennent.

C'est de là que découle son éthique de l'intellectuel :
L'intellectuel ne doit pas parler au nom du peuple, mais contribuer à ce que le peuple puisse parler en son propre nom.


III. Son écriture : le style comme restitution

Parédé est avant tout un écrivain. Et c'est un acte politique.

Face à une pensée critique rendue volontairement illisible par le jargon techno-managérial, il renoue avec la grande prose d'idées française, de Péguy à Fanon. Sa phrase est ciselée, rythmée, faite pour être lue à voix haute. Elle ne cherche pas à impressionner l'académie, elle cherche à armer.

C'est ce qui lui permet de porter ses deux concepts majeurs avec une densité doctrinale rare :

1. La théorie de la restitution. Pour lui, nous ne vivons pas une crise de la démocratie, mais sa confiscation par une oligarchie. Il ne faut donc pas redistribuer, il faut restituer : la terre, la monnaie, mais aussi la langue et l'histoire.

2. L'idéal tricontinental de l'Al-Andalus moderne. Son apport le plus radical. Al-Andalus n'est pas une nostalgie, c'est un paradigme. La preuve qu'une civilisation-monde a existé, où l'Europe du Sud, l'Afrique du Nord et l'Orient ont produit ensemble une raison commune. Contre le choc des civilisations et contre le mondialisme sans peuple, il propose de faire du Détroit de Gibraltar non un mur, mais une suture, la colonne vertébrale d'une Internationale des peuples enracinés.

C'est pour cela que Stéphane Parédé est un intellectuel de terrain : il n'illustre pas ses livres par le terrain, il écrit parce qu'il vient du terrain.

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