Enracinement culturel et démocratie dans le monde arabe : La Nation Arabe et la Démocratie de Stéphane Parédé -14 janvier 2026, Éditions Vérone -
Enracinement culturel et démocratie dans le monde arabe : La Nation Arabe et la Démocratie de Stéphane Parédé -14 janvier 2026, Éditions Vérone -
La question de l’adaptation des principes démocratiques au contexte arabe traverse la pensée politique arabe depuis le 19e siècle.
Rifa’a al-Tahtawi, au milieu du 19e siècle, étudie les Constitutions française et ottomane de 1876. Il propose de traduire et d’adapter l’idée de charte constitutionnelle à la réalité arabe, plutôt que de l’importer telle quelle. Pour lui, l’efficacité d’une Constitution dépend de sa capacité à s’ancrer dans la langue, l’histoire et les besoins de la société.
Michel Aflaq, fondateur du parti Ba’th dans les années 1940, développe une critique similaire. Il rejette le marxisme classique, qu’il juge incompatible avec l’expérience historique et culturelle arabe. Son triptyque « Unité, Liberté, Socialisme » repose sur l’idée que le socialisme doit être arabe dans son contenu et ses méthodes. L’unité arabe, la liberté politique et la justice sociale sont indissociables.
Les Constitutions adoptées après 2011 au Maroc, en Tunisie et en Libye s’inscrivent dans cette logique. Elles intègrent des références aux droits universels tout en les articulant avec le cadre culturel et religieux local. L’article 19 de la Constitution marocaine de 2011 consacre ainsi l’égalité entre hommes et femmes dans les droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.
Enjeu central : Une démocratie durable dans le monde arabe suppose une reformulation des concepts importés pour qu’ils répondent aux réalités sociales et historiques locales.