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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

19 May

La place des Femmes dans la Nation Arabe et la Démocratie de Stéphane Parédé - Éditions Vérone -

La place des Femmes dans la Nation Arabe et la Démocratie de Stéphane Parédé - Éditions Vérone -

 

Dans la Nation arabe et la démocratie publié aux éditions Vérone, la place des femmes n’est pas un chapitre à part. Stéphane Parédé en fait un indicateur du projet politique arabe moderne : une nation ne se relève que si la moitié de sa population participe.

 

Voici comment il traite le sujet :

 

1. Un problème d’enracinement, pas d’importation

 

Parédé rejette l’idée que l’égalité des femmes serait une importation occidentale. Il remonte à Qâsim Amîn, La Libération de la femme 1899, qui pose que “une nation ne se relève pas si la moitié de sa population reste analphabète”.

 

Pour Parédé, l’enjeu est de reconnecter le droit actuel à des sources arabes et islamiques déjà présentes. Il mobilise la Constitution de Médine 622 et la Sourate 49 v.10 : “Les croyants sont frères”, pour montrer que l’idée de fraternité inclusive existe dans la mémoire politique arabe.

 

2. Michel Aflaq et le Ba’th : premier pas institutionnel

 

Le tournant vient avec Michel Aflaq et le Ba’th des années 1940. Le parti intègre dès 1946 l’égalité des droits politiques, économiques et sociaux pour les femmes dans ses statuts.

 

Parédé insiste : Aflaq ne copie pas le féminisme occidental. Il lit l’émancipation comme condition de la renaissance arabe. Le problème, dit-il, est que les régimes ba’thistes syriens et irakiens ont trahi ce principe après 1963 en abandonnant la liberté au profit de la bureaucratie.

 

3. Les Constitutions post-2011 : traduction en droit positif

 

La troisième étape est la traduction dans les textes post-révolutions. Parédé cite :

 

- Tunisie 2014 : 28,11% de femmes à l’Assemblée constituante, l’égalité consacrée dans la Constitution.

- Maroc 2011 : réformes du Code de la famille, mais persistance des violences. Pour Parédé, le droit seul ne suffit pas.

- Libye 2012 : 600 candidates aux élections législatives.

 

Il ne fait pas de l’optimisme naïf. Il montre l’écart entre le texte et la pratique.

 

4. L’argument central : la participation comme condition de légitimité

 

Chez Parédé, la place des femmes n’est pas un “sujet sociétal” séparé. C’est un test de la validité du projet politique.

 

Si l’État-nation arabe post-1924 ne parvient pas à inclure les femmes, il reste une copie défaillante de l’État-nation européen et il perd sa légitimité interne. La participation des femmes est donc la condition pour que l’État soit perçu comme “nôtre” et pas comme importé.

 

5. Ce que le livre ne fait pas

 

Parédé ne fait pas d’anthropologie du quotidien des femmes. Il ne suit pas, comme Saba Mahmood, les femmes dans les halaqat ou les associations religieuses. Il reste au niveau du droit, des textes fondateurs, des Constitutions.

 

Son pari est que si le pacte politique est inclusif au sommet, la pratique suivra. C’est là que la critique est possible : l’écart Maroc 2011 montre que le droit sans transformation sociale reste formel.

 

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 * En résumé : Pour Parédé, les femmes sont le baromètre de la reconnexion. Tant qu’elles sont exclues, l’État-nation arabe reste une coquille vide. L’égalité ne vient pas d’une importation, mais d’une réactivation de la mémoire du pacte politique arabe, de Médine à Aflaq aux Constitutions de 2011-2014.

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