Printemps arabe - Pourquoi les femmes sont le test de la démocratie selon Stéphane Parédé
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Printemps arabe - Pourquoi les femmes sont le test de la démocratie selon Stéphane Parédé
Si tu veux savoir si une révolution a réussi, ne regarde pas les discours. Regarde les femmes. C’est le baromètre que propose Stéphane Parédé.
1. 2011 : une ouverture historique mais fragile
Parédé note que pour la première fois, les femmes sont présentes en masse dans la rue et dans les textes fondateurs :
- Libye 2012 : plus de 600 candidates aux élections du Congrès national général.
- Tunisie 2011 : 28,11% de femmes à l’Assemblée constituante, grâce à la parité horizontale et verticale.
- Syrie 2012 : la Constitution intègre un quota de 30% pour les femmes.
- Maroc : la promotion de la femme devient politique publique, pas juste un discours.
L’idée clé : ces avancées ne viennent pas d’une importation occidentale. Elles s’appuient sur des lectures internes du texte religieux et sur la pression sociale du moment.
2. Le fondement théorique : l’égalité dans le texte
Parédé mobilise le travail de Dr Abderrazak al-Ajami pour montrer que l’obstacle n’est pas religieux :
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- Coran 17:15 : "Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre". C’est le principe de responsabilité individuelle. Homme et femme sont égaux devant Dieu.
- Coran 4:124 : "Quiconque fait une œuvre bonne, homme ou femme, et est croyant, entrera au Paradis".
- Ibn Hazm, 11e siècle : autorisait déjà les femmes à être cheffes d’État et juges.
Pour Parédé, le problème n’est pas le texte. C’est l’interprétation politique qui en est faite après 2011.
3. Le retour de bâton : quand le politique reprend le dessus
C’est là que le test échoue :
- Égypte 2013 : les Frères musulmans rejettent une déclaration ONU contre la violence faite aux femmes.
- Syrie : le quota de 30% reste lettre morte. Les femmes sont absentes des négociations de paix.
- Liban : le projet de loi sur le quota échoue en 2012.
- Maroc : la parité reste un objectif, pas une réalité.
Parédé est clair : dès que les femmes sont écartées, le processus démocratique recule. L’exclusion des femmes précède toujours l’autoritarisme.
4. La thèse de Parédé : pas de démocratie sans participation réelle
Pour lui, la démocratie ne se mesure pas au nombre d’élections, mais à la capacité d’inclure la moitié de la population dans la décision.
Les pays où les femmes ont gardé une place - Tunisie jusqu’en 2021 - sont ceux où le processus a tenu le plus longtemps. Là où elles ont été exclues - Égypte, Syrie, Libye - le système est retourné à la violence ou à l’autoritarisme.
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Conclusion :
Les femmes ne sont pas une "question annexe" pour Parédé. Elles sont le test.
Si une transition ne tient pas quand les femmes participent, c’est qu’elle n’était pas démocratique. Si elle s’effondre dès qu’elles sont exclues, c’est qu’elle ne l’a jamais été.