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"Réflexions et analyses sur la démocratie, la justice sociale et la solidarité. Un espace de débat et de réflexion pour un monde plus juste et plus équitable."

25 May

Stéphane Parédé, Tafakul et la République Arabe Unitaire 2026 : refonder la démocratie par l’éducation, la solidarité et la participation

Stéphane Parédé, Tafakul et la République Arabe Unitaire 2026 : refonder la démocratie par l’éducation, la solidarité et la participation

 

Dans La Nation arabe et la démocratie, Stéphane Parédé ne propose pas une copie du modèle occidental ni un retour en arrière. Il propose de construire la République Arabe Unitaire 2026 sur ce que la pensée arabe a de plus solide : l’éducation populaire, la solidarité, la responsabilité et la participation citoyenne. Il articule Tocqueville, Rifa’a al-Tahtawi, Michel ‘Aflaq et les leçons du Printemps arabe pour tracer cette voie.

 

1. Tocqueville et l’éducation populaire comme condition de la démocratie

Parédé s’appuie sur Alexis de Tocqueville pour poser un diagnostic toujours actuel. Pour Tocqueville, le désintérêt pour la chose publique conduit à l’ignorance et à l’abaissement du niveau intellectuel. Après le Printemps arabe, l’éducation populaire devient donc une priorité pour consolider les principes démocratiques et acquérir de nouveaux droits.

 

Il reprend la formule de Tocqueville : « Instruire la démocratie, ranimer peu à peu la science des affaires à son inexpérience, la connaissance de ses vrais intérêts à ses aveugles instincts, adapter son gouvernement aux temps et aux lieux ; la modifier selon les circonstances et les hommes : tel est le premier des devoirs imposés à ceux qui dirigent la société. »

 

Pour Parédé, cela signifie développer les associations, rapprocher les citoyens des prises de décision, et faire de l’éducation le socle d’une citoyenneté active.

 

2. Rifa’a al-Tahtawi et la synthèse entre patriotisme et foi

La pensée de Rifa’a al-Tahtawi occupe une place centrale. Pour lui, chez les musulmans, « l’amour de la patrie est un des éléments de la foi », et la défense de la religion et de la patrie sont indissociables. Il définit ce que les musulmans appellent justice, bienfaisance, liberté hurriyya et égalité taswiya.

 

Cette synthèse entre patriotisme, religion et valeurs universelles nourrit le concept de Tafakul : une solidarité qui ne sépare pas l’individu de la communauté, ni la foi de la responsabilité civique.

 

3. Michel ‘Aflaq : le nationalisme arabe comme projet populaire et moral

Parédé analyse ensuite Michel ‘Aflaq, théoricien du socialisme arabe unitaire et du panarabisme. Influencé par Sati Husri, ‘Aflaq défend un nationalisme panarabe à base linguistique, non confessionnelle et laïque. Mais il refuse le marxisme athée : « Nous ne sommes pas athées, nous n’accepterons pas les athées. Nous pensons que l’athéisme est une vision dépravée de la vie… une posture stérile, malade, dangereuse et mensongère. »

 

Pour ‘Aflaq, le socialisme arabe doit correspondre à la société arabe et servir son unité. Le peuple est « la source de la vraie puissance ». Le parti Ba’th ne peut rester solide qu’en revenant au « point de départ » : le peuple, son honnêteté et sa vérité. Il insiste : « Nous devons parler au peuple ouvertement et honnêtement. Nous devons lui donner des responsabilités dans la lutte, et nous devons travailler à ses côtés. »

 

Parédé retient cette idée : aucune unité arabe ne tient sans la confiance dans le peuple et sans sa participation réelle.

 

4. Le Printemps arabe : entre espoir et limites

Les pages 23-24 dressent un bilan lucide. L’Algérie et le Maroc ont pu mettre en place des réformes justes et nécessaires. La renaissance du mouvement civique et associatif arabe était nécessaire pour les droits de l’Homme, la liberté et l’égalité.

 

Mais le bilan est contrasté : guerre en Syrie, divisions en Égypte, instabilité au Liban, réapparition des luttes confessionnelles en Irak. Les islamistes sont arrivés au gouvernement au Maroc, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen, mais sans toujours disposer des leviers clés du pouvoir.

 

Pour Parédé, la leçon est claire : la démocratie ne se décrète pas. Elle doit s’affirmer et évoluer avec l’appui de tous les acteurs de la vie politique, sociale, économique et de la société civile.

 

5. Tafakul RAU 2026 : une troisième voie en construction

Le projet de Parédé est de construire une « troisième voie » qui dépasse à la fois le socialisme arabe autoritaire et l’Islam politique quand il devient instrument de pouvoir. Cette voie repose sur trois piliers tirés des pages du livre :

1. L’éducation populaire comme base de la citoyenneté, selon Tocqueville et al-Tahtawi.

2. La solidarité et la responsabilité Tafakul, qui unit religion et patriotisme sans exclure personne.

3. La participation du peuple comme seule force révolutionnaire efficace, selon ‘Aflaq.

 

Sur la question des droits de la femme, Parédé est net : un retour à la période préislamique est impossible. Les droits des femmes font partie de la culture et de l’aboutissement du processus démocratique. « La femme arabe est la lumière de l’humanité, elle est le pilier de la société arabe et elle est l’avenir de la Nation arabe. »

Conclusion

La Nation arabe et la démocratie est une main tendue. Comme l’écrivent Makhtar Camara et Hinda Djeridi en préface, ce livre est « un plaidoyer pour une démocratie qui n’oublie ni son âme ni les peuples et leurs histoires ».

 

Tafakul RAU 2026, c’est cette ambition : tisser la démocratie dans la culture, la foi, la langue et les luttes de chaque peuple, pour que la Nation arabe retrouve la grandeur et le bonheur qui lui sont propres.

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