Article Hors-série : Mohammed V selon Stéphane Parédé
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Article Hors-série : Mohammed V selon Stéphane Parédé
Titre : Stéphane Parédé : Mohammed V 1953-1955, le premier Mandat binational marocain. Le roi accepte que la Nation prime sur le Protectorat
Sous-titre : "Père de la nation marocaine moderne". Quand le prince alaouite applique 100 ans avant l’heure la thèse d’Al-Tahtawi : "la loi au-dessus du prince"
Analyse intellectuelle selon la méthode Parédé :
Si Parédé avait intégré Mohammed V dans La Nation arabe et la démocratie, il l’aurait lu à travers ses 3 grilles posées dans les 19 articles :
1. Al-Tahtawi p.49 : "la loi est au-dessus du prince". 20 août 1953, Lyautey dépose Mohammed V et l’exile en Corse puis Madagascar. Paradoxe : le Protectorat croit tuer le roi, mais il sacralise la Nation. Le peuple crie "Vive le roi" non par monarchisme, mais parce que Mohammed V a choisi en 1944 de soutenir l’Istiqlal p.17. Il a accepté que la souveraineté ne vienne plus de lui mais du peuple marocain. C’est exactement le Mandat binational avant la lettre : le prince renonce à faire la loi seul.
2. Aflaq p.36 : "l’unité arabe est indivisible". Mohammed V n’est pas seulement roi du Maroc, il est "père de la nation marocaine moderne" p.20. En refusant de signer les dahirs du Protectorat après 1944, il pose le principe aflaqien : la Nation = langue + histoire + destin commun, pas le décret colonial. Son exil 1953-1955 devient le "discours de 1936" marocain : l’amour de la Nation avant le pouvoir.
3. Mandat binational p.129 : "la loi émane du peuple souverain". 16 novembre 1955, Mohammed V rentre. Il n’exige pas de régner seul. Il négocie l’indépendance 1956 et devient roi constitutionnel 1957-1961. Parédé aurait vu là la preuve : quand le prince accepte la primauté de la loi/nation, le pays évite la guerre civile. 100 ans après Al-Tahtawi, 50 ans avant Constitution 2011, Mohammed V fait la transition sans effusion de sang.
Thèse Parédé appliquée à Mohammed V :
Mohammed V est le chaînon manquant entre Al-Tahtawi 1830 p.49 et la Constitution 2011 p.89. Les 3 posent la même règle : la souveraineté appartient à la Nation, pas au prince/au président/au colonisateur. C’est pour ça que De Gaulle le décore Compagnon de la Libération p.20-21 : deux résistants qui ont compris que l’État n’existe que si le peuple est souverain.
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Appel académique :
Colloque "Mohammed V 1953-1955 selon la grille Parédé : premier Mandat binational appliqué au Maghreb, entre Al-Tahtawi et Constitution 2011?"